La saga des biothérapies innovantes

Au-delà des outils scientifiques et technologiques qui ont joué un rôle primordial dans la compréhension de l’origine génétique de nombre de maladies rares, l’AFM-Téléthon fait le choix de l’innovation en impulsant le développement des biothérapies innovantes : thérapies génique et cellulaire, pharmacogénétique, cellules souches.

Thérapie cellulaire, insuffisance cardiaque, AFM-Téléthon

Les victoires

 

Au-delà des déficits immunitaires, ce sont de nouvelles maladies qui bénéficient aujourd’hui de ces thérapies innovantes à l’essai. Des maladies rares du cerveau,  du sang, de la vision… et même une maladie fréquente, l’infarctus du myocarde

Avec plus de 285 programmes scientifiques financés dans l’année 2015, l’AFM-Téléthon est un acteur majeur du développement des thérapies nouvelles : thérapie génique, cellules souches, pharmacogénétique… Une révolution médicale qui nous concerne tous puisque ces thérapies nouvelles pour les maladies rares pourront être appliquées aux maladies plus fréquentes.

2009 : deux enfants atteints d'une grave maladie génétique du cerveau, l'adrénoleucodystrophie, sont traités par thérapie génique. 

2009 : L’équipe de Marc Peschanski (I-Stem) réussit le pari de produire un épiderme à partir de cellules souches embryonnaires humaines. L'objectif ? Pouvoir proposer un jour cette ressource illimitée de cellules comme alternative thérapeutique, aux personnes souffrant d’ulcères et aux patients atteints de maladies génétiques affectant la peau.

2010 : grâce à une thérapie génique, un jeune malade atteint de Bêta-thalassémie, une maladie rare du sang, a retrouvé une vie normale sans recours à des transfusions sanguines pendant 5 années.

2014 : en octobre 2011,  le CHU de Nantes en collaboration avec les chercheurs d’Atlantic Gene Therapies, un des laboratoires de l’AFM-Téléthon, démarre un essai de thérapie génique incluant 9 patients atteints d’amaurose de Leber, une maladie génétique rare de la vision qui rend progressivement aveugle. 3 ans plus tard, des améliorations de la vision sont constatées par certains patients traités.

2015 : résultats de la première greffe de cellules souches embryonnaires pour réparer un infarctus du myocarde chez un patient. Un essai mené à  l’hôpital européen Georges Pompidou par le Pr Ménasché. 

 

En 2016, l’AFM-Téléthon finance 37 essais cliniques, en cours ou en préparation, pour 27 maladies différentes : 9 maladies neuromusculaires et 17 autres maladies rares de la peau, du sang, du cerveau, de la vision ou du foie... Ces essais concernent la thérapie génique, la thérapie cellulaire ou la pharmacologie. 

 

 

Les défis

 

De nouveaux essais pour de nouvelles maladies 

 

Un essai de thérapie génique pour une maladie rare du foie, la maladie de  Crigler-Najjar

La maladie de Crigler-Najjar se manifeste dès les premières heures de vie et place d'emblée le nouveau-né atteint sous le risque de développer des problèmes neurologiques gravissimes et irréversibles. Federico Mingozzi à Généthon et son équipe ont mis au point un vecteur de type viral, AAV modifié, dans lequel « on a introduit le gène qui ne fonctionne pas chez les malades atteints de la maladie de Crigler-Najjar». A terme, 18 patients atteints de la maladie de Crigler-Najjar seront inclus dans l’essai qui devrait démarrer en 2017.

 

Un essai de thérapie génique en cours pour une nouvelle maladie de la vision, la Neuropathie optique héréditaire de Leber

En 2008, des essais précliniques ont démontré l’efficacité d’une thérapie génique pour le traitement de la Neuropathie Optique Héréditaire de Leber. Fort de ce succès, José- Alain Sahel de l’Institut de la vision, en collaboration avec les équipes de Généthon (le laboratoire de thérapie génique de l’AFM-Téléthon), a développé un protocole de thérapie génique pour des patients atteint de cette même pathologie. L’essai clinique a débuté en février 2014 et inclut au total 18 patients, âgés de 18 ans et plus. Pour chaque malade, l’œil le plus atteint est traité. 

 

Une nouvelle perspective thérapeutique pour toutes les rétinites pigmentaires

Depuis 1997, à l’Institut de la Vision, une nouvelle stratégie thérapeutique est née dans les laboratoires de José-Alain Sahel et Thierry Leveillard, à l’Institut de la Vision. Dans cette stratégie thérapeutique, la thérapie génique est un outil qui va délivrer le médicament au bon endroit et permettra de traiter tous les patients atteints de rétinite pigmentaire. Un essai est en préparation et devrait démarrer fin 2017. 

 

Le défi de la production à  grande échelle des vecteurs-médicaments 

Actuellement l’équipe de Mathias Hebben de Généthon est en capacité de produire des lots de 200 litres d’AAV, un vecteur utilisé actuellement pour les essais cliniques qui concernent la maladie de San Filippo, la myopathie myotubulaire et la maladie de Crigler-Najjar. A terme, l’objectif de l’équipe est de réussir à produire des vecteurs de qualité en grande quantité : de 500 à 1000 litres, afin de traiter un nombre plus  important de patients durant les essais cliniques.

 

Le criblage de cellules à I-Stem, trouver des molécules pour guérir

Depuis 2011, l’équipe d’Alexandra Benchoua à I-Stem travaille pour trouver des traitements des maladies rares qui touchent les neurones. Ses recherches consistent à utiliser des cellules souches pour étudier les mécanismes moléculaires contrôlant les différentes étapes du développement neural qui permettent la production ultime de neurone. L’objectif de ces travaux est donc de mieux connaître ces pathologies, d’identifier de nouveaux traitements et d’affiner ceux existant notamment pour l’autisme.

 

Les essais de thérapie cellulaire en préparation pour la peau et la vision à I-Stem

A I-Stem, deux essais cliniques sont actuellement en préparation utilisant les potentialités des cellules souches embryonnaires.  Tout d’abord, un essai de thérapie cellulaire est en cours d’élaboration pour le traitement des ulcérations cutanées liées à la maladie et devrait démarrer en 2017.  Les ulcérations seront traitées grâce à un pansement biologique constitué d’épidermes entièrement reconstruits, standardisés et contrôlés en laboratoire.