La saga des déficits immunitaires

En 2000, c’est la première grande victoire thérapeutique issue de la grande révolution génétique des années 90 ! Grâce au soutien du Téléthon, des enfants atteints d’un grave déficit immunitaire (les bébés-bulle) sont traités avec succès par thérapie génique

Les victoires

L’AFM-Téléthon a très tôt fait le choix de développer cette technique innovante qui utilise les gènes comme médicaments. Après les cartes du génome humain et l’identification des gènes responsables de maladies génétiques, son laboratoire Généthon se consacre, à partir de 1997, à la recherche, au développement et à la production de vecteurs de thérapie génique. Aujourd’hui, Généthon est l’un des leaders mondiaux de la thérapie génique des maladies rares. 1er laboratoire associatif à avoir reçu le statut d’établissement pharmaceutique, il dispose d’un des plus importants centres de production de médicaments de thérapie génique pour les essais cliniques.

 

Les succès de la thérapie génique pour les déficits immunitaires

C’est dans les années 1990-1995 qu’ont lieu les premiers pas de la thérapie génique. 

1999 : l’essai qui fera la 1ère démonstration de correction du déficit immunitaire par transfert de gène thérapeutique démarre. Il est mené par le Pr Alain Fischer à Necker pour le déficit immunitaire DICS-X et ses premiers résultats sont publiés en avril 2000.  Aujourd’hui, avec plus de 15 ans de recul, les enfants traités ont grandi et sont suivis une fois par an à Necker. Leur bonne santé démontre que la thérapie génique peut rétablir le système immunitaire des bébés-bulle. 

2007 : 1ers résultats de l’essai pour le déficit en ADA  mené en Italie (Pr MG Roncarolo) et co-financé par l’AFM-Téléthon et le Téléthon italien. Il a permis de traiter par thérapie génique une dizaine de malades qui ont vu leur déficit enzymatique corrigé. 

2011 : démarrage d'un essai clinique international de phase I/II pour le syndrome de Wiskott-Aldrich (WAS), un déficit immunitaire héréditaire. La thérapie génique qui a déjà permis de traiter d’autres déficits immunitaires  héréditaires représente un espoir majeur pour les jeunes malades. 

2015 : les premiers résultats de l’essai WAS sont publiés. Sept jeunes malades ont été traités dans le cadre de cet essai et pour six d’entre eux, leur système immunitaire est rétabli et leur état de santé s’est amélioré. 

2016 : l’EMA (Agence Européenne du médicament) a rendu un avis favorable pour la thérapie génique pour Ada-Scid développée par les italiens (Tiget/MG Roncarolo) dont l’AFM-Téléthon a soutenu le développement au début. Le traitement est solidement engagé sur la voie de l’autorisation de mise sur le marché.

 

Les défis

Après WAS, un nouvel essai pour la Granulomatose septique chronique, un autre déficit immunitaire, démarre

La granulomatose septique chronique liée à l’X implique la réduction de l’activité d’une enzyme des cellules du système immunitaire provoquant de sévères infections chez les patients atteints de cette maladie. Onze partenaires européens ont formé le consortium Net4CGD, coordonné par Généthon, afin de développer une thérapie génique pour la granulomatose septique chronique liée à l’X.

Au total, l’essai dont Généthon est le promoteur devrait concerner 20 malades qui seront traités dans 4 centres en Europe, notamment à l’hôpital Necker – Enfants malades à Paris. D’ores et déjà, des malades ont été inclus en Angleterre. En outre, un essai collaboratif similaire a débuté en juillet dernier aux États-Unis. Pour tous, le traitement est fourni par les équipes de Généthon.

 

Après les déficits immunitaires, deux maladies du sang sur la voie de la thérapie génique

Suite aux essais lancés, c’est maintenant au tour des maladies rares du sang, des maladies complexes, de bénéficier des avancées de la thérapie génique.
Généthon développe et fabrique les vecteurs de thérapie génique pour l’essai clinique pour l’anémie de Fanconi.  Une première phase de cet essai a démarré avec une étude de faisabilité qui consiste à prélever des cellules souches de la moelle osseuse des patients et à les traiter in-vitro pour mesurer l’efficacité des vecteurs mis au point par Généthon et leur capacité à pénétrer dans les cellules. Environ une vingtaine de patients sont inclus dans la deuxième phase, l’essai clinique de thérapie génique, qui permettra de corriger leur production de globules rouges. 

Une deuxième maladie du sang est également dans les starting-blocks : la drépanocytose. Généthon travaille sur une phase pré-clinique de recherche pour développer une stratégie de thérapie génique. Le projet consiste à mettre au point une technique de thérapie génique qui s’appuie sur CRISPR Cas 9 et d’optimiser le processus de production de ces vecteurs pour fabriquer à termes des médicaments efficaces.