Une thérapie innovante pour restaurer la vision

Les rétinites pigmentaires sont des maladies génétiques de l’oeil qui entraînent une perte progressive de la vue, pouvant aller jusqu’à la cécité. Elles touchent environ 30 000 personnes en France. Un essai démarre.

Une thérapie cellulaire pour la rétinite pigmentaire

Depuis un peu plus de 10 ans, une chercheuse déterminée, Christelle Monville, se consacre au développement de la thérapie cellulaire pour ces maladies de la rétine : « le but ultime du chercheur est de proposer un traitement là où il n’existe aucune solution ».

 

 

Au sein de I-Stem, elle a mis au point un processus pour fabriquer à partir de cellules souches, les cellules pigmentées de la rétine, ces cellules noires que l’on voit au travers de la pupille. Elle a ensuite constitué un « patch cellulaire » en mettant ces cellules produites en laboratoire sur une membrane amniotique, un patch biologique qui sera greffé sous la rétine des patients.

Des années de recherche récompensées puisqu’en 2019, en collaboration avec l’Institut de la Vision, le premier essai français de thérapie cellulaire pour une maladie rare de la vision est lancé ! Un traitement qui, à terme, pourrait également permettre de soigner une forme de dégénérescence maculaire liée à l’âge qui concerne plus de 1,5 million de personnes. 

« Nous travaillons depuis plusieurs années au développement de cette technique innovante qui ouvre des perspectives thérapeutiques pour les maladies de la rétine, qu’elles soient rares et génétiques ou fréquentes et liées au vieillissement. Être aux portes de l’essai chez les malades est un moment très excitant »

Déclare la chercheuse à quelques semaines du démarrage de l’essai.

 

En savoir plus : Les rétinites pigmentaires sont un ensemble de maladies génétiques de l’œil. A ce jour, on connait plus de 39 gènes impliqués dans ces maladies. Elles se caractérisent par une dégénérescence progressive des cellules de l’épithélium, les cellules pigmentées située à la surface de la rétine provoquant la dégénérescence progressive des photorécepteurs et, à terme, la cécité. 

 

Découvrez la dernière actualité sur l'essai

 

Cet essai, c'est l'événement de ma vie !

A sa naissance, Ouiza est malvoyante. Sa vue résiduelle baisse progressivement, l’entrainant à la limite de la cécité. Après avoir été suivi par un ophtalmologue, en 2008, elle est prise en charge par l’hôpital des Quinze-Vingts à Paris qui lui diagnostique une rétinite pigmentaire, tout comme son frère né avec les mêmes problèmes de vue. 

Quand on propose à Ouiza de rentrer dans l’essai de thérapie cellulaire développé par une équipe d’Istem, le laboratoire de l’AFM-Téléthon dédié aux cellules souches, en collaboration avec l’Institut de la vision, elle n’hésite pas. Elle sera, en septembre 2019, la première patiente à bénéficier de la greffe du patch de thérapie cellulaire, suivie par son frère, à un mois d’écart. Pour elle, c’est une grande chance qu’ils aient été tous les deux éligibles !

Ouiza bénéficie d'un essai pour la rétinite pigmentaire

Elle nous raconte :

J’ai eu un traitement d’immunosuppresseur une semaine avant l’intervention. Le chirurgien ouvre la rétine et injecte un petit patch dans la gélatine, qu’il place à côté de la macula. J’ai confiance depuis longtemps en ces pistes thérapeutiques novatrices. C’est la 1ère fois qu’on me propose une solution pour ma vue. C’est bouleversant, c’est l’évènement de ma vie ! Pour autant, j’ai bien conscience que ça marchera sans doute sur des personnes avec une meilleure rétine que moi. Je suis quasi aveugle mais j’ai quelques espoirs… c’est possible qu’il y ait des bénéfices pour moi. Il fallait tenter de toute façon !

Ouiza va être suivie régulièrement et il va falloir patienter quelques mois pour connaitre les effets du traitement : "j’essaie de ne pas me faire trop d’illusions, ce n’est pas évident. J’attends et je demande à mes petites cellules de se mettre au travail…", conclut-elle